Anatomie Thorax Os et articulations

Cage thoracique : côtes, sternum et espaces

La cage thoracique est l’armature osseuse et cartilagineuse du thorax. Étudiez d’abord ses limites et le sternum, puis les côtes et leurs articulations, enfin les espaces intercostaux et leur rôle dans la respiration.

Schéma légendé 11 repères

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Vue antérieure de la cage thoracique : sternum en vert clair, côtes, cartilages costaux et côtes flottantes.
  1. 1 Manubrium
  2. 2 Cartilage costal
  3. 3 Corps d’une côte
  4. 4 Espace intercostal
  5. 5 Rebord costal
  6. 6 11e côte flottante
  7. 7 Angle sternal
  8. 8 Corps du sternum
  9. 9 Processus xiphoïde
  10. 10 Corps vertébral thoracique
  11. 11 12e côte flottante
Vue antérieure · la droite du sujet est à gauche de l’image Le sternum est mis en évidence en vert clair. Les muscles, nerfs, vaisseaux et organes ne sont pas représentés ; les articulations postérieures ne peuvent pas être étudiées sur cette vue.

Objectifs

  • Distinguer les attaches des côtes vraies, fausses et flottantes
  • Situer les parties du sternum et l’angle sternal
  • Relier les espaces intercostaux aux muscles et éléments vasculo-nerveux

Repères essentiels

Manubrium
Partie supérieure élargie du sternum. Son bord supérieur porte l’incisure jugulaire ; il reçoit les premiers cartilages costaux.
Angle sternal
Jonction du manubrium et du corps, au niveau de l’attache du deuxième cartilage costal. Ce repère aide à organiser le décompte des côtes.
Cartilages costaux
Segments antérieurs qui prolongent les côtes osseuses. Les premiers rejoignent directement le sternum ; les suivants participent au rebord costal.
Côtes flottantes
Deux dernières paires, en bas. Leurs extrémités antérieures restent libres et ne rejoignent ni le sternum ni le rebord cartilagineux.
Axe vertébral
Les corps vertébraux sont visibles en arrière, sur la ligne médiane. Cette projection ne montre pas les facettes des articulations costo-vertébrales.

Vue d’ensemble : une paroi protectrice et mobile

La cage thoracique comprend le sternum en avant, 12 paires de côtes avec leurs cartilages et les 12 vertèbres thoraciques en arrière. Elle entoure une cavité qui contient notamment le cœur et les poumons et leurs plèvres. Sa forme n’est pas celle d’un cylindre régulier : l’ouverture supérieure est plus étroite que l’ouverture inférieure.

Le sternum appartient à la paroi antérieure ; le rachis thoracique appartient à la paroi postérieure. Les côtes forment les parois latérales et relient ces régions. Une vue antérieure superpose donc des éléments situés à des profondeurs différentes : les vertèbres visibles entre les arcs ne sont pas dans le même plan que le sternum.

Les ouvertures du thorax

L’ouverture supérieure est limitée par la première vertèbre thoracique en arrière, les premières côtes latéralement et la partie supérieure du sternum en avant. Elle met en continuité le thorax avec la région décrite dans la fiche du cou. Cette continuité explique pourquoi l’étude du thorax ne se réduit pas à la seule paroi antérieure.

L’ouverture supérieure est inclinée en bas et en avant. Ses dimensions usuelles sont d’environ 5 cm dans le sens sagittal et 10 cm dans le sens transversal. L’ouverture inférieure est bordée en arrière par T12 et les douzièmes côtes, latéralement par les rebords costaux, et en avant par la région xiphoïdienne et les septièmes cartilages costaux.

L’ouverture inférieure est plus large. Les dernières côtes, les rebords costaux et la région xiphoïdienne en dessinent les limites osseuses et cartilagineuses. Le diaphragme ferme cette ouverture sur le vivant et sépare les cavités thoracique et abdominale.

Pour replacer cette armature dans un volume, explorez la simulation d’anatomie thoracique. Elle prolonge l’étude des rapports entre les parois et le contenu du thorax, en complément des repères osseux de cette fiche.

Le sternum : trois parties et un angle repère

Manubrium et incisures

Le manubrium est la partie supérieure, large, du sternum. L’incisure jugulaire forme une échancrure médiane à son bord supérieur. De chaque côté, les incisures claviculaires reçoivent les clavicules.

Le premier cartilage costal rejoint le manubrium. Le deuxième se rattache au niveau de la jonction entre manubrium et corps. Il faut distinguer la côte osseuse, plus latérale, de son prolongement cartilagineux antérieur : c’est le cartilage qui assure la liaison au sternum.

Corps et processus xiphoïde

Le corps sternal est la portion allongée qui descend sous le manubrium. Les cartilages des côtes suivantes se fixent sur ses bords. Son extrémité inférieure se prolonge par le processus xiphoïde, plus petit. Ces trois noms désignent des parties du même ensemble médian ; le processus xiphoïde ne doit pas être pris pour une côte supplémentaire.

L’angle sternal marque la jonction manubrio-sternale. Cette jonction présente une légère angulation, d’où son nom. Son rapport avec la deuxième côte sert de repère pour le décompte des côtes.

La première côte est en partie cachée derrière la clavicule. La deuxième côte est donc la plus haute que l’on puisse identifier par palpation, et son attache à l’angle sternal fournit le point de départ du décompte. C’est cette relation anatomique, plutôt qu’une simple convention de numérotation, qui donne à l’angle sternal son utilité comme repère.

Les trois parties du sternum
PartiePositionRepère à retenir
ManubriumSupérieure et élargieIncisure jugulaire ; premier cartilage costal
CorpsMédiane et allongéeSous l’angle sternal
Processus xiphoïdeExtrémité inférieurePetit prolongement du sternum

Les côtes : classer selon le lien avec le sternum

Sept paires à attache directe

Chaque côte est un os incurvé, prolongé en avant par un cartilage costal. Les côtes se numérotent de haut en bas, de 1 à 12.

Les côtes 1 à 7 sont les vraies côtes. Chacune rejoint le sternum par son propre cartilage. Le mot « directe » décrit cette liaison individuelle : il ne signifie pas que la partie osseuse atteint elle-même le sternum.

Attache indirecte et extrémité libre

Les côtes 8 à 10 ont une attache indirecte. Leurs cartilages rejoignent le cartilage situé au-dessus et participent au rebord costal. La continuité vers le sternum existe donc par l’intermédiaire des cartilages voisins. Il ne faut pas transformer cette succession de raccordements en trois attaches sternales indépendantes.

Les côtes 11 et 12 sont les côtes flottantes. Leur extrémité antérieure se termine librement et ne rejoint pas le sternum. Elles restent cependant articulées en arrière au rachis. Le qualificatif « flottante » concerne donc l’absence de liaison sternale antérieure, et non une absence complète d’attache au squelette.

La terminologie demande une précision : Une classification regroupe les côtes 8 à 12 parmi les fausses côtes, puis distingue les flottantes 11 et 12. Dans une présentation en trois groupes, on nomme souvent « fausses côtes » les seules 8 à 10. Les deux présentations décrivent les mêmes rapports ; indiquez le périmètre du groupe lorsque vous donnez un chiffre.

Les petits cartilages des côtes flottantes se terminent dans la musculature de la paroi abdominale latérale. « Flottante » ne signifie donc pas que l’os se termine sans aucun rapport avec les tissus mous : seule la continuité cartilagineuse antérieure vers le sternum fait défaut.

Comparer les attaches antérieures des côtes
CôtesLiaison antérieureNombre de paires
1 à 7Chaque cartilage rejoint le sternum7
8 à 10Cartilage uni au cartilage sus-jacent3
11 et 12Extrémité antérieure libre2

En arrière : côtes typiques et vertèbres thoraciques

Tête, col et tubercule costaux

Une côte typique présente une tête postérieure, un col, un tubercule puis un corps. La tête s’articule avec les corps vertébraux ; le tubercule s’articule avec le processus transverse de la vertèbre correspondante. Le corps costal poursuit ensuite son trajet autour du thorax. Ce vocabulaire décrit une organisation postérieure qui ne doit pas être recherchée sur le bord du sternum.

Dans la disposition typique, la tête costale comporte des surfaces articulaires pour la vertèbre de même numéro et la vertèbre sus-jacente. Les côtes ne sont toutefois pas toutes identiques : les premières et les dernières possèdent des particularités. Évitez donc de transformer une description de la côte type en règle sans exception pour les 12 paires.

Un axe postérieur articulé

Les vertèbres thoraciques sont au nombre de 12, de T1 à T12. Leurs surfaces articulaires costales reçoivent les côtes. Une vertèbre possède un corps en avant et un arc vertébral en arrière ; les articulations costales se répartissent sur les corps et les processus transverses selon le niveau.

L’angle d’une côte est la région où sa courbure est particulièrement marquée, près de son extrémité postérieure. Sur une vue de face, une partie du trajet postérieur peut apparaître à travers les intervalles entre les arcs antérieurs. Il ne faut pas compter chaque trait visible comme une côte supplémentaire : suivez la continuité d’un même os avant de passer au suivant.

En position anatomique, les angles costaux s’alignent avec le bord médial de la scapula. Ils marquent la région où la courbure de la côte est la plus prononcée et contribuent à la partie la plus postérieure de la cage. Ce rapport relie un relief costal à un repère du squelette de l’épaule.

Entre deux côtes : l’espace intercostal

Un espace intercostal est l’intervalle entre deux côtes voisines. Sur le vivant, il n’est pas vide : il contient des plans musculaires et des éléments vasculo-nerveux. La représentation d’une armature sans muscles sert à dégager les contours osseux, pas à décrire toutes les couches de la paroi.

Trois plans musculaires

Les intercostaux externes comportent 11 paires de muscles superficiels entre les côtes. Leur contraction élève la cage thoracique et contribue à son expansion inspiratoire. Les intercostaux internes sont placés plus profondément et rapprochent les côtes pendant l’expiration ; les intercostaux intimes constituent le plan le plus profond.

Les muscles intercostaux sont répartis en plans externe, interne et intime. Les intercostaux intimes sont profonds par rapport aux deux autres plans. Leur disposition assure une continuité musculaire entre les côtes et contribue aux changements de dimensions du thorax. Les termes « externe » et « interne » décrivent donc une profondeur et une organisation, pas les deux côtés droit et gauche du corps.

Les intercostaux externes participent à l’inspiration et les intercostaux internes à l’expiration forcée.

Le sillon costal

Le bord inférieur d’une côte porte un sillon costal, lié au passage des vaisseaux et du nerf intercostaux. Le pédicule vasculo-nerveux chemine dans cette gouttière. Ce rapport explique l’importance clinique de la connaissance des couches de la paroi ; cette fiche ne donne pas de trajet de ponction ni de consigne de geste.

Pour lire un intervalle, identifiez d’abord les deux côtes qui le limitent, puis distinguez les structures de la paroi de celles situées plus profondément. Les plèvres et les poumons ne sont pas des constituants osseux de la cage. Leur relation avec la paroi demande une description des enveloppes et de la cavité pleurale, complémentaire de cette vue sans viscères.

Mobilité respiratoire et intérêt clinique

Le rôle du diaphragme

Le diaphragme est le principal élément musculaire qui modifie le volume de la cavité thoracique pendant la respiration. Au repos, il forme une coupole. Sa contraction et son relâchement modifient les dimensions de la cavité ; les muscles intercostaux contribuent également aux mouvements des côtes. Le thorax est ainsi une protection mobile plutôt qu’une boîte rigide.

La face supérieure du diaphragme regarde la cavité thoracique ; sa face inférieure regarde la cavité abdominale. Ses attaches comprennent notamment la région xiphoïdienne, des côtes inférieures et leurs cartilages, ainsi que la région lombaire.

L’étude de la paroi et celle du contenu thoracique se complètent. Distinguez une lésion d’un os, une atteinte des structures de la paroi et une atteinte viscérale. Cette distinction topographique organise l’apprentissage sans donner, à elle seule, un diagnostic ni une conduite thérapeutique. Pour replacer ces éléments dans le parcours, revenez à la région du thorax.

Méthode : lire une vue antérieure du thorax

Travaillez du centre vers les côtés, puis de haut en bas. En mode révision, annoncez le nom avant de révéler l’étiquette. Un repère doit correspondre à un contour réellement visible ; lorsqu’une structure postérieure est masquée, décrivez sa position théorique dans le texte plutôt que de lui attribuer un point approximatif.

  1. Orientez la vue : le sternum est devant ; la droite du sujet est à gauche de votre écran.
  2. Repérez le manubrium, la jonction manubrio-sternale, le corps puis le processus xiphoïde.
  3. Suivez un arc costal jusqu’à son cartilage. Distinguez une liaison sternale directe d’un raccordement au cartilage sus-jacent.
  4. Repérez le rebord costal et recherchez les deux extrémités libres inférieures de chaque côté. Elles correspondent aux côtes flottantes.
  5. Situez l’axe vertébral en arrière. Ne nommez pas une facette articulaire qui n’est pas exposée.
  6. Terminez par un espace intercostal : la zone blanche correspond à un intervalle dont les tissus mous sont omis.

Glossaire

Manubrium
Partie supérieure élargie du sternum.
Cartilage costal
Prolongement cartilagineux antérieur d’une côte.
Angle sternal
Jonction angulée entre le manubrium et le corps du sternum.
Côte flottante
Côte dont l’extrémité antérieure ne rejoint pas le sternum.
Espace intercostal
Intervalle situé entre deux côtes voisines.
Sillon costal
Gouttière du bord inférieur costal liée au passage d’éléments vasculo-nerveux.

À retenir

  • La cage comprend 12 paires de côtes, leurs cartilages, le sternum et 12 vertèbres thoraciques.
  • Le sternum associe manubrium, corps et processus xiphoïde.
  • Les côtes 1–7 ont une liaison directe ; 8–10 une liaison indirecte ; 11–12 une extrémité antérieure libre.
  • L’angle sternal est en rapport avec l’attache de la deuxième côte.
  • Un espace intercostal n’est pas vide sur le vivant : la planche omet ses tissus mous.

Quiz corrigé

Choisissez une réponse par question : la correction s’affiche aussitôt. Vous pouvez aussi ouvrir chaque correction directement.

  1. Combien de paires de côtes comporte habituellement la cage thoracique ?
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    Réponse : 12. Il existe 12 paires. Les 12 vertèbres thoraciques ne doivent pas être ajoutées au nombre de côtes.

  2. Quelle partie du sternum est la plus supérieure ?
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    Réponse : Le manubrium. Le manubrium est supérieur. Le processus xiphoïde constitue l’extrémité inférieure.

  3. Quel cartilage costal rejoint la région de l’angle sternal ?
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    Réponse : Le deuxième. Le deuxième cartilage rejoint la jonction manubrio-sternale. Le premier se rattache au manubrium.

  4. Quelles côtes ont une liaison sternale individuelle par leur cartilage ?
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    Réponse : 1 à 7. Les côtes 1–7 sont les vraies côtes. Les 8–10 rejoignent le cartilage sus-jacent.

  5. Quelles côtes sont flottantes ?
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    Réponse : 11 et 12. Les 11e et 12e côtes ont une extrémité antérieure libre. Les 8e et 9e contribuent au rebord cartilagineux.

  6. Où se trouve le sillon costal ?
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    Réponse : Le long du bord inférieur de la côte. Le sillon costal suit le bord inférieur costal. L’incisure jugulaire appartient au bord supérieur du manubrium.

  7. Quels muscles occupent les espaces entre les côtes ?
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    Réponse : Les intercostaux. Les intercostaux occupent les espaces entre les côtes. Les supra-hyoïdiens appartiennent à la région du cou.

  8. Quel muscle sépare les cavités thoracique et abdominale ?
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    Réponse : Le diaphragme. Le diaphragme sépare les deux cavités. Les intercostaux relient les côtes et participent à la mécanique respiratoire.

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Questions fréquentes

Combien de côtes possède la cage thoracique ?

La disposition habituelle comprend 12 paires de côtes. Elles s’articulent en arrière avec les vertèbres thoraciques et présentent des liaisons antérieures différentes selon leur groupe.

Quelle différence entre vraies côtes et côtes flottantes ?

Les vraies côtes 1–7 rejoignent le sternum chacune par leur propre cartilage. Les flottantes 11 et 12 n’ont pas de liaison sternale antérieure, mais gardent leur attache vertébrale postérieure.

Où se trouve l’angle sternal ?

Il se situe à la jonction entre le manubrium et le corps du sternum. L’attache du deuxième cartilage costal en fait un repère de décompte.

Que contient un espace intercostal ?

Il contient notamment les plans musculaires intercostaux et des éléments vasculo-nerveux.

Sources et références

  1. OpenStax — Anatomy and Physiology 2e, 7.4 The Thoracic Cage — Manuel universitaire en accès libre.
  2. OpenStax — Anatomy and Physiology 2e, 11.4 Axial Muscles of the Abdominal Wall and Thorax — Manuel universitaire en accès libre.
  3. Guide de l’étudiant pour la rédaction des questions d’anatomie des concours de résidanat et d’internat (tête, cou, thorax) — Support universitaire (PDF, anatomie-fmpm.uca.ma).

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