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Calcul validé Pharmacologie · Nutrition clinique

Bilan azoté

Différence apports / pertes azotés sur 24h · oriente la stratégie nutritionnelle en réanimation et nutrition artificielle

Formule

Bilan N = (Protéines ÷ 6,25) − (Uréeg/24h × 28/60) − 4

Bilan azoté approximatif des 24h selon Schloerb : différence entre apports protéiques (÷ 6,25) et pertes azotées estimées (urée urinaire 24h × 28/60 + 4 g de pertes extra-urinaires). Outil bedside pour la nutrition artificielle en réanimation et soins continus.

Source · SCHLOERB

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Paramètres

2
Total de protéines administrées au patient en 24 heures : nutrition orale + entérale + parentérale (acides aminés inclus). Vérifier les mélanges binaires/ternaires : la teneur en protéines figure sur l'étiquette.
g/24h
Quantité d'urée éliminée dans les urines sur le recueil des 24h. Conversion : 1 g d'urée ≈ 16,67 mmol. Valeurs usuelles : 250–600 mmol/24h (≈ 15–35 g/24h) chez l'adulte normonutri.
Réf. 250–600 mmol/24h
BILAN N · LIVE
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Bilan azoté
g/24h
≥ 0−5 à 0−10 à −5< −10
PositifLéger −Modéré −Sévère −
Interprétation

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AVERTISSEMENT CONTEXTUEL

Méthode · 01

Différence apports / pertes azotés sur 24h

Approximation de Schloerb. Les protéines apportent ~16 % d'azote (facteur Jones 6,25). L'urée urinaire des 24h couvre ~80 % de l'azote excrété ; on ajoute 4 g/j de pertes extra-urinaires (selles, peau, autres N urinaires). Outil bedside pour la nutrition artificielle, à compléter idéalement par une calorimétrie indirecte.

Bilan N (g/24h) =
(Protéines ÷ 6,25) − (Uréeg × 28/60) − 4
Bilan ≥ 0
anabolisme
renutrition OK
−5 à −10
catabolisme
modéré
< −10
catabolisme
sévère

Pourquoi utiliser ce score ?

Le bilan azoté reste l'un des rares marqueurs disponibles au lit du patient pour juger de l'adéquation des apports protéiques en nutrition artificielle (entérale, parentérale, mixte). Couplé à la pesée régulière et à la calorimétrie indirecte quand elle est disponible, il oriente l'ajustement des apports en situation d'hypercatabolisme (sepsis, brûlures, polytraumatisme, post-opératoire lourd, défaillance multi-viscérale).

Limites & Pièges cliniques 4
Approximation, pas mesure directe

L'urée urinaire ne représente qu'environ 80 % de l'azote excrété ; les 4 g de correction couvrent une moyenne (selles, peau, autres N urinaires). En cas de diarrhée majeure, brûlure étendue, fistule digestive, plaie suintante : la sous-estimation des pertes peut être importante.

Recueil des 24h indispensable

Le calcul n'a de valeur que si le recueil urinaire couvre EXACTEMENT 24 heures et qu'aucune miction n'a été perdue. Vérifier la diurèse mesurée vs attendue, signaler tout incident de recueil.

Insuffisance rénale et urée

En insuffisance rénale aiguë ou chronique avancée, l'urée n'est plus correctement éliminée et le bilan apparaît artificiellement positif. Préférer alors la calorimétrie indirecte et le suivi pondéral.

Outil de tendance

Un bilan ponctuel a moins de valeur qu'une série de bilans sur plusieurs jours. C'est l'évolution (négative malgré l'augmentation des apports = hypercatabolisme ; positivation progressive = renutrition efficace) qui guide la stratégie.

Référence

Schloerb PR. Bedside nitrogen balance approximation: protein intake / 6.25 − (24-h urinary urea × 28/60) − 4

Formule classique de la nutrition clinique, reproduite dans les manuels d'anesthésie-réanimation et endossée comme outil bedside par les recommandations ESPEN sur la nutrition en réanimation (Singer et al., Clin Nutr 2023).

Niveau d'evidence
Formule de référence SCHLOERB
Interprétation des résultats 4
Positif Bilan positif (anabolisme) ≥ 0 Apports couvrent les pertes : renutrition efficace ou besoins adéquatement couverts. Poursuivre la stratégie nutritionnelle en cours.
Léger − Bilan légèrement négatif −5 à 0 Catabolisme modéré. Majorer les apports protéiques (cible 1,2–1,5 g/kg/j) et énergétiques. Vérifier l'observance et la composition des mélanges.
Modéré − Catabolisme modéré −10 à −5 Augmenter les apports protéiques à 1,5–2 g/kg/j, corriger l'inflammation, l'infection et la douleur, et évaluer la dépense énergétique (calorimétrie indirecte si disponible).
Sévère − Catabolisme sévère < −10 Évaluation nutritionnelle spécialisée indispensable. Apports protéiques jusqu'à 2 g/kg/j en réanimation, recherche active des causes d'hypercatabolisme (sepsis, brûlures, polytraumatisme, défaillance multi-viscérale).

Conduite à tenir

  1. 1 Bilan négatif : majorer les apports protéiques (1,5–2 g/kg/j en réa) et énergétiques ; vérifier l'observance.
  2. 2 Rechercher et corriger les causes d'hypercatabolisme : sepsis, douleur, inflammation, immobilisation.
  3. 3 Coupler à la pesée hebdomadaire, à la calorimétrie indirecte si disponible et au suivi de l'albumine / pré-albumine.
  4. 4 En insuffisance rénale : utiliser la formule de Maroni ou la calorimétrie indirecte (l'urée urinaire seule est trompeuse).
Questions fréquentes 4
Comment se calcule le bilan azoté ?
Bilan azoté (g/24h) = (apports protéiques en g/24h ÷ 6,25) − (urée urinaire des 24h en g × 28/60) − 4. Le facteur 6,25 convertit les protéines en azote ; 28/60 est la fraction d'azote dans l'urée ; les 4 g forfaitaires couvrent les pertes extra-urinaires.
Pourquoi additionner 4 g/jour ?
L'urée urinaire ne représente qu'environ 80 % de l'azote excrété. Les 4 g/jour ajoutés sont une approximation des autres pertes : créatinine, acide urique, ammoniaque urinaire, pertes fécales et cutanées. En cas de diarrhée, brûlure ou fistule, ce forfait sous-estime les pertes réelles.
Quels apports protéiques cibler en réanimation ?
Les recommandations ESPEN 2023 préconisent 1,3 g/kg/j (1,2–2 g/kg/j selon contexte) chez l'adulte en réanimation. Cible adaptée à la phase (aiguë précoce vs tardive vs récupération) et à l'évolution du bilan azoté répété.
Que faire en cas d'insuffisance rénale ?
En insuffisance rénale avancée (DFG bas, dialyse), l'urée s'accumule plutôt qu'elle ne s'élimine ; le bilan azoté ne reflète plus correctement les pertes. Utiliser la calorimétrie indirecte ou suivre la balance azotée corrigée par la variation de l'urée plasmatique (formule de Maroni).
Publié le
Dernière révision
Validation Formule sourcée — révision médicale en cours
Source Schloerb PR
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