Épaule : os, articulations et coiffe
L’épaule relie le membre supérieur au tronc et permet de déplacer le bras dans plusieurs plans. Situez d’abord les os et leurs reliefs, puis distinguez les articulations et les plans de glissement. Reliez enfin cette mobilité au rôle stabilisateur de la coiffe des rotateurs.
Schéma légendé 11 repères
- 1 Clavicule
- 2 Processus coracoïde
- 3 Fosse subscapulaire
- 4 Bord médial de la scapula
- 5 Angle inférieur de la scapula
- 6 Acromion
- 7 Tête humérale
- 8 Tubercule majeur
- 9 Tubercule mineur
- 10 Sillon intertuberculaire
- 11 Col chirurgical
Objectifs
- Distinguer la ceinture scapulaire de l’articulation gléno-humérale
- Nommer les principaux reliefs osseux de l’épaule
- Relier la mobilité articulaire aux moyens de stabilisation
Repères essentiels
- Clavicule
- L’os allongé en S relie le côté sternal, médial, au sommet latéral de l’épaule.
- Scapula
- La lame triangulaire présente sa face antérieure et sa fosse subscapulaire ; son angle inférieur pointe vers le bas.
- Acromion et coracoïde
- L’acromion domine la tête humérale. Le processus coracoïde se projette en avant, sous la clavicule.
- Tête humérale
- La surface arrondie regarde vers la scapula. Elle appartient à l’humérus, qui se prolonge vers le bras.
- Tubercules huméraux
- Le tubercule majeur est latéral ; le mineur est antérieur. Le sillon intertuberculaire les sépare.
Une ceinture mobile entre le tronc et le bras
La ceinture scapulaire osseuse comprend la clavicule et la scapula. L’humérus est l’os du bras : il s’articule avec la scapula, mais ne fait pas partie de cette ceinture osseuse. Cette distinction sépare le dispositif qui rattache le membre au tronc de l’os qui porte les mouvements du bras.
La clavicule rejoint le manubrium du sternum par son extrémité médiale. Ce contact constitue la seule articulation osseuse entre la ceinture scapulaire et le squelette axial. La scapula est située en arrière du thorax ; des muscles la séparent des côtes. Elle ne possède donc pas avec celles-ci une articulation cartilagineuse comparable au contact entre deux os d’une articulation synoviale.
La clavicule fonctionne comme une entretoise : elle maintient la scapula et l’articulation de l’épaule à distance du tronc. Cette position laisse davantage de liberté au membre supérieur. Elle transmet aussi les forces du membre vers le sternum et protège les nerfs et les vaisseaux sous-jacents lors de leur passage entre le tronc et le membre.
La cage thoracique fournit ainsi un point d’ancrage médial, sans fixer directement la scapula aux côtes. Les mouvements de la clavicule et de la scapula s’ajoutent à ceux de l’humérus. Une élévation du bras engage donc plusieurs composants plutôt qu’une seule charnière.
La région du membre supérieur prolonge ce parcours vers le bras, l’avant-bras et la main. Le bras se situe entre l’épaule et le coude ; l’avant-bras entre le coude et le poignet. Employer ces termes précisément évite d’attribuer à l’humérus les os ou les mouvements propres à l’avant-bras.
Reconnaître les reliefs des trois os
Clavicule : deux extrémités différentes
La clavicule est un os en S placé en avant de l’épaule. Son extrémité sternale, médiale, répond au manubrium. Son extrémité acromiale, latérale, répond à l’acromion. Sa longueur est palpable sous la peau. La forme et les deux attaches permettent de suivre la transmission des forces depuis l’extrémité latérale de l’épaule jusqu’au thorax.
Scapula : une lame et deux processus
La scapula est un os plat triangulaire, avec des bords supérieur, médial et latéral. Ses angles supérieur et inférieur bordent le côté médial ; son angle supérolatéral porte la cavité glénoïdale. La face antérieure forme la fosse subscapulaire. En arrière, l’épine sépare une fosse supra-épineuse d’une fosse infra-épineuse : ces dépressions accueillent des muscles.
L’acromion prolonge latéralement l’épine de la scapula et forme le sommet osseux de l’épaule. Le processus coracoïde se projette vers l’avant, sous l’extrémité latérale de la clavicule. Ces deux saillies ne sont pas interchangeables : l’acromion rejoint la clavicule, tandis que le coracoïde fournit notamment des attaches ligamentaires et musculaires.
Humérus proximal : tête, tubercules et cols
La tête humérale est arrondie et regarde médialement, en haut et en arrière. Le col anatomique suit le pourtour de sa surface articulaire. Le col chirurgical se trouve plus bas, à la jonction de l’extrémité proximale élargie avec la diaphyse. Leurs noms désignent donc deux niveaux osseux différents.
Le tubercule majeur est latéral, alors que le tubercule mineur est antérieur. Ils donnent insertion à des muscles qui agissent sur l’épaule. Le sillon intertuberculaire, entre les deux, livre passage au tendon du chef long du biceps. Une saillie d’insertion et un sillon de passage remplissent ainsi des rôles anatomiques distincts.
Trois articulations et deux plans de glissement
Le complexe de l’épaule associe trois articulations anatomiques à surfaces cartilagineuses et deux espaces de glissement. Les articulations sternoclaviculaire, acromioclaviculaire et gléno-humérale mettent des surfaces articulaires en rapport. Les espaces scapulothoracique et sous-deltoïdien autorisent aussi des mouvements, mais ne correspondent pas à deux nouvelles articulations osseuses cartilagineuses.
| Composant | Éléments en rapport | Nature |
|---|---|---|
| Sternoclaviculaire | Clavicule, manubrium et premier cartilage costal | Articulation avec disque fibrocartilagineux |
| Acromioclaviculaire | Extrémité latérale de la clavicule et acromion | Articulation plane |
| Gléno-humérale | Tête humérale et cavité glénoïdale | Articulation sphéroïde |
| Scapulothoracique | Scapula et paroi thoracique, avec interposition musculaire | Plans de glissement |
| Sous-deltoïdien | Coiffe et tête humérale sous l’acromion et le deltoïde | Plan de glissement avec bourse |
À la jonction sternoclaviculaire, un disque de fibrocartilage s’interpose entre les surfaces. L’articulation permet les déplacements de la clavicule ; la longueur de cet os amplifie les déplacements de son extrémité latérale. Ce fonctionnement explique comment une articulation médiale peut contribuer au déplacement du sommet de l’épaule.
L’articulation acromioclaviculaire met en rapport l’acromion et l’extrémité latérale de la clavicule. Le ligament acromioclaviculaire renforce sa capsule. Le ligament coracoclaviculaire relie le processus coracoïde à la face inférieure de la clavicule et apporte un soutien important à l’ensemble. Ses faisceaux conoïde et trapézoïde suivent des directions différentes.
L’articulation gléno-humérale unit une tête humérale volumineuse à une glène plus petite et peu profonde. Cette faible congruence laisse beaucoup de liberté de mouvement. Le labrum glénoïdal, ou bourrelet glénoïdal, est un anneau de fibrocartilage fixé au rebord de la glène : il augmente sa profondeur et sa surface de contact avec la tête.
La stabilité repose sur la capsule et les muscles
Capsule, ligaments et tendon du biceps
La capsule articulaire entoure l’articulation gléno-humérale. Relativement lâche, elle autorise de grands déplacements. Les trois ligaments gléno-huméraux renforcent sa partie antérieure ; le ligament coracohuméral occupe le pôle supérieur. Cet appareil capsuloligamentaire ne suffit pas, à lui seul, à maintenir la tête face à la glène pendant tous les mouvements.
Le tendon du chef long du biceps présente un rapport particulier : une partie de son trajet est dans la capsule, mais en dehors de la cavité synoviale. Il est dit intracapsulaire et extrasynovial. La membrane synoviale se réfléchit autour de lui. Il ne faut donc pas confondre présence à l’intérieur de la capsule et immersion libre dans la cavité synoviale.
Les quatre muscles de la coiffe
La coiffe des rotateurs réunit les tendons du supra-épineux, de l’infra-épineux, du petit rond et du subscapulaire. Ils relient la scapula aux tubercules huméraux et se mêlent aux parois antérieure, supérieure et postérieure de la capsule. Leur contraction maintient la tête humérale en regard de la glène tout en permettant le mouvement.
- Le supra-épineux, au-dessus de l’épine scapulaire, participe à l’abduction du bras.
- L’infra-épineux, sous l’épine, et le petit rond participent à la rotation latérale.
- Le subscapulaire, situé sur la face antérieure de la scapula, participe à la rotation médiale.
Le deltoïde constitue un moteur important de l’abduction, mais il n’appartient pas à la coiffe. Le grand rond agit aussi sur l’humérus, notamment en extension, en adduction et en rotation médiale, sans faire partie des quatre muscles de la coiffe. La liste de celle-ci correspond donc à un groupe fonctionnel précis, et non à tous les muscles voisins.
Comprendre l’amplitude sans oublier la scapula
La gléno-humérale autorise la flexion et l’extension, l’abduction et l’adduction, ainsi que les rotations médiale et latérale. La circumduction combine ces mouvements : l’extrémité du bras décrit un cône dans l’espace. Il s’agit d’une combinaison de mouvements élémentaires, et non d’une articulation supplémentaire.
L’abduction illustre l’importance du complexe entier. La contribution gléno-humérale atteint environ 120°, alors que l’association avec les mouvements de la scapula permet d’atteindre 180°. Le passage du bras le long du corps au bras élevé ne peut donc pas être attribué intégralement au contact entre tête humérale et glène.
Le glissement scapulothoracique s’organise autour du dentelé antérieur. Un premier espace se situe entre ce muscle et la scapula tapissée par le subscapulaire ; un second entre le dentelé et la paroi thoracique. Ces plans permettent des translations horizontales et verticales ainsi que des rotations de la scapula.
L’espace sous-deltoïdien se trouve entre la tête humérale et la coiffe, en bas, puis l’acromion et le deltoïde, en haut. Une bourse séreuse facilite le glissement dans cette région. Les bourses limitent les frottements entre tendons et structures voisines ; elles se distinguent de la cavité propre de l’articulation gléno-humérale.
Les muscles qui positionnent la scapula donnent une base aux muscles qui déplacent l’humérus. Leurs attaches s’étendent sur le thorax, le rachis et la région cervicale, abordée dans la fiche du cou. La mobilité du bras dépend ainsi aussi de la position de sa base scapulaire, et pas seulement de la force des muscles qui croisent la gléno-humérale.
Relier les lésions à leurs rapports anatomiques
Une chute sur la main tendue ou un choc sur le côté de l’épaule peut fracturer la clavicule. La force transmise par le membre rencontre cet os qui relie la ceinture au sternum. Lors d’une fracture complète, le fragment latéral et l’épaule peuvent s’abaisser sous le poids du membre. Ce mécanisme relie la lésion à la fonction d’entretoise de la clavicule.
Des sollicitations répétées du bras élevé peuvent s’accompagner d’atteintes des bourses, des tendons ou de la coiffe, et de lésions du labrum. Ces éléments occupent des niveaux différents : le labrum borde la glène, les tendons de la coiffe rejoignent l’humérus et les bourses favorisent le glissement. Le terme général « douleur d’épaule » ne nomme donc pas une structure unique.
Méthode : lire une épaule en vue antérieure
Commencez par la ceinture, puis descendez vers l’humérus. La vue antérieure présente la fosse subscapulaire ; les fosses situées derrière l’épine appartiennent à la face postérieure. Utilisez le mode révision pour associer chaque relief à son os avant de retrouver son nom.
- Orientez l’épaule gauche : le côté médial est à gauche de l’image, le côté latéral à droite.
- Suivez la clavicule de l’extrémité sternale vers l’acromion.
- Distinguez l’acromion supérieur du processus coracoïde projeté en avant.
- Retrouvez la lame de la scapula, son bord médial et son angle inférieur.
- Situez la tête humérale face à la scapula, puis les tubercules majeur et mineur.
- Suivez le sillon entre les tubercules et descendez vers le col chirurgical.
- Terminez en nommant les structures retirées : muscles, capsule et ligaments. Leur absence rend les reliefs osseux visibles.
Glossaire
- Ceinture scapulaire
- Ensemble osseux formé par la clavicule et la scapula, qui rattache le membre supérieur au squelette axial.
- Glène
- Petite cavité articulaire de la scapula répondant à la tête humérale.
- Labrum glénoïdal
- Anneau de fibrocartilage qui augmente la profondeur de la cavité glénoïdale.
- Capsule articulaire
- Enveloppe qui entoure les surfaces d’une articulation synoviale.
- Coiffe des rotateurs
- Ensemble des tendons du supra-épineux, de l’infra-épineux, du petit rond et du subscapulaire autour de l’épaule.
- Bourse séreuse
- Structure de glissement qui réduit les frottements entre des tissus voisins.
- Circumduction
- Combinaison de mouvements par laquelle le bras décrit un cône dans l’espace.
À retenir
- La ceinture osseuse comprend la clavicule et la scapula ; l’humérus appartient au bras.
- L’épaule associe trois articulations anatomiques et deux plans de glissement.
- La tête humérale volumineuse répond à une glène peu profonde, complétée par le labrum.
- La coiffe stabilise activement la tête : supra-épineux, infra-épineux, petit rond, subscapulaire.
- L’élévation du bras associe les mouvements gléno-huméraux et ceux de la ceinture scapulaire.
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Questions fréquentes
Quels os composent l’épaule ?
La région met en rapport la clavicule, la scapula et l’humérus proximal. La ceinture scapulaire osseuse désigne précisément la clavicule et la scapula ; l’humérus est l’os du bras.
Quels sont les quatre muscles de la coiffe des rotateurs ?
La coiffe comprend le supra-épineux, l’infra-épineux, le petit rond et le subscapulaire. Leurs tendons contribuent à maintenir la tête humérale face à la glène.
À quoi sert le labrum de l’épaule ?
Le labrum glénoïdal est un anneau de fibrocartilage fixé au rebord de la glène. Il augmente la profondeur de cette petite cavité et améliore le contact avec la tête humérale.
La scapula s’articule-t-elle directement avec les côtes ?
La scapula glisse sur le thorax avec interposition musculaire, notamment du subscapulaire et du dentelé antérieur. Le plan scapulothoracique n’est pas une articulation entre deux surfaces osseuses cartilagineuses.
Pourquoi l’épaule est-elle si mobile ?
La tête humérale arrondie répond à une glène petite et peu profonde, entourée d’une capsule lâche. Les mouvements de la clavicule et de la scapula augmentent encore l’amplitude du membre.
Sources et références
- OpenStax — Anatomy and Physiology 2e, 8.1 The Pectoral Girdle — Manuel universitaire en accès libre.
- OpenStax — Anatomy and Physiology 2e, 8.2 Bones of the Upper Limb — Manuel universitaire en accès libre.
- OpenStax — Anatomy and Physiology 2e, 9.6 Anatomy of Selected Synovial Joints — Manuel universitaire en accès libre.
- OpenStax — Anatomy and Physiology 2e, 11.5 Muscles of the Pectoral Girdle and Upper Limbs — Manuel universitaire en accès libre.
- Le complexe articulaire de l’épaule — Laboratoire d’anatomie, Faculté de médecine de Marrakech — Support universitaire en accès libre (PDF).
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