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Score validé Dermatologie · Prévention de l'escarre

Échelle de Braden — risque d'escarre

6 items, de 6 à 23 points. Attention : plus le score est BAS, plus le risque est ÉLEVÉ.

Référence princeps

Bergstrom N, Braden BJ, Laguzza A, Holman V.
Nurs Res. 1987;36(4):205–210.
PMID 3299278

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Items

6
— / 23
Cette échelle marche à l'envers

Un score BAS signale un risque ÉLEVÉ. Un patient à 10 est en grand danger ; un patient à 22 ne l'est pas. C'est la source d'erreur numéro un.

01 · Perception sensorielle 1 – 4

Capacité à répondre de façon adaptée à l'inconfort dû à la pression. C'est la sensation d'inconfort qui déclenche, chez le sujet sain, les micro-mouvements permanents qui protègent la peau. Sans elle, la pression s'installe.

02 · Humidité 1 – 4

Exposition de la peau à l'humidité. L'humidité macère la peau et la rend vulnérable : transpiration, urines, selles, exsudats.

03 · Activité 1 – 4

Degré d'activité physique.

04 · Mobilité 1 – 4

Capacité à changer de position et à la contrôler.

05 · Nutrition 1 – 4

Apports alimentaires habituels. La dénutrition est un déterminant majeur de l'escarre — c'est précisément ce que l'échelle de Norton, plus ancienne, ne cote pas.

06 · Friction et cisaillement 1 – 3

Forces de friction et de cisaillement. ⚠ Cet item s'arrête à 3, pas à 4 : c'est pour cela que le maximum du score est 23 et non 24. Le cisaillement survient quand le patient glisse dans son lit — la peau reste, les tissus profonds partent.

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Score de Braden
/ 23
6912141823
Interprétation

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AVERTISSEMENT CONTEXTUEL

Méthode · 01

Un score qui se lit à l'envers

L'échelle additionne six facteurs qui, ensemble, décident si la peau va céder : la capacité à sentir l'inconfort, l'humidité qui macère, l'activité et la mobilité qui redistribuent la pression, la nutrition qui répare, et les forces de friction et de cisaillement qui arrachent les tissus profonds quand le patient glisse dans son lit.

Chaque item est un point de FRAGILITÉ. Plus le patient est fragile, plus la note est basse — d'où l'inversion, contre-intuitive et responsable de l'essentiel des erreurs de lecture.

Et le maximum est 23, pas 24 : cinq items vont de 1 à 4, mais « friction et cisaillement » s'arrête à 3.

6 items additionnés

5 items  1 → 4
Friction  1 → 3

Total     6 → 23
≤ 12
risque
élevé
13 – 18
à
risque
19 – 23
risque
faible

Pourquoi utiliser ce score ?

Identifier, dès l'admission, les patients chez qui une escarre va se former — pour mettre en place la prévention (matelas, changements de position, nutrition) AVANT la lésion. C'est l'échelle la plus utilisée au monde, et la mieux validée.

Limites & Pièges cliniques 4
Le score marche À L'ENVERS

Contrairement à presque tous les autres scores, un score BAS signale un risque ÉLEVÉ. Un patient à 10 est en grand danger ; un patient à 22 ne l'est pas. L'inversion est la source d'erreur n°1.

Friction : sur 3, pas sur 4

Cinq items sont cotés de 1 à 4, mais « friction et cisaillement » s'arrête à 3. Le maximum est donc 23, et non 24.

Une photo, pas un film

Le risque change vite : chirurgie, fièvre, dénutrition, sédation. Le score doit être refait à chaque changement d'état, pas seulement à l'admission.

Un score rassurant n'annule pas l'examen

Aucune échelle ne remplace l'inspection quotidienne de la peau aux points d'appui — sacrum, talons, trochanters.

Référence

Bergstrom N, Braden BJ, Laguzza A, Holman V. The Braden Scale for Predicting Pressure Sore Risk. Nurs Res. 1987;36(4):205-210.

Échelle princeps de 1987, validée dans des dizaines de milliers de patients et traduite dans le monde entier. Sa sensibilité est bonne, sa spécificité modeste : elle sur-identifie des patients à risque — ce qui, en prévention, est le sens de l'erreur qu'on préfère.

Niveau d'evidence
Référence publiée BERGSTROM · 1987
Interprétation des résultats 5
Risque très élevé ≤ 9 Risque majeur d'escarre. Prévention maximale : support dynamique, changements de position rapprochés, prise en charge nutritionnelle, inspection cutanée pluriquotidienne.
Risque élevé 10 – 12 Prévention renforcée : matelas à air, repositionnement toutes les 2 heures, protection des talons, bilan nutritionnel.
Risque modéré 13 – 14 Prévention active : support adapté, repositionnement programmé, surveillance des points d'appui.
Risque léger 15 – 18 Prévention de base et surveillance. Attention : chez le patient âgé ou fébrile, ce niveau justifie déjà des mesures actives.
Risque faible 19 – 23 Risque faible au moment de l'évaluation. Refaire le score à chaque changement d'état — le risque, lui, ne prévient pas.

Conduite à tenir

  1. 1 Score ≤ 18 : mettre en place la prévention — support adapté, repositionnement programmé, protection des talons.
  2. 2 Score ≤ 12 : support dynamique (matelas à air), repositionnement toutes les 2 heures, bilan nutritionnel.
  3. 3 Dans tous les cas : inspecter la peau des points d'appui chaque jour — sacrum, talons, trochanters, occiput.
  4. 4 Corriger ce qui est corrigeable : dénutrition, incontinence, déshydratation, sédation excessive.
  5. 5 Refaire le score à chaque changement d'état clinique, pas seulement à l'admission.
Questions fréquentes 5
Un score de Braden bas est-il bon ou mauvais ?
Mauvais. L'échelle fonctionne à l'envers de l'intuition : plus le score est BAS, plus le risque d'escarre est ÉLEVÉ. Un patient à 10 est en grand danger, un patient à 22 ne l'est pas. C'est l'erreur de lecture la plus fréquente.
Quel est le seuil de risque de l'échelle de Braden ?
Un score de 18 ou moins fait considérer le patient à risque. En dessous de 13, le risque est élevé ; à 9 ou moins, il est majeur. Chez le sujet âgé, beaucoup d'équipes relèvent le seuil d'alerte, car le risque y est sous-estimé.
Pourquoi le maximum est-il 23 et non 24 ?
Parce que cinq items sont cotés de 1 à 4, mais le sixième — friction et cisaillement — ne va que de 1 à 3. Le total maximal est donc 6 + 17 = 23.
À quelle fréquence refaire le score ?
À l'admission, puis à chaque changement d'état : chirurgie, fièvre, sédation, dénutrition, perte d'autonomie. Un score fait une fois pour toutes ne sert à rien — le risque bouge vite.
Braden ou Norton ?
Braden est plus complète (6 items contre 5) et intègre la nutrition et le cisaillement, deux facteurs majeurs que Norton ignore. C'est aujourd'hui l'échelle de référence. Norton reste utilisée pour sa rapidité.
Publié le
Dernière révision
Validation Formule sourcée — révision médicale en cours
Source Bergstrom N, Braden BJ, Laguzza A, Holman V
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