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Référence documentée Urgences · Triage

Shock index (indice de choc)

Deux constantes déjà mesurées au triage · un signal de gravité quand la pression tient encore

Repères publiés

Normale de 0,5 à 0,7
Gravité au-delà de 0,9

Shock index : fréquence cardiaque divisée par la pression systolique. Normale de 0,5 à 0,7 ; au-delà de 0,9, signal de gravité aux urgences, même à pression normale.

Source · RADY · 1994 · PMID 8092595 ↗

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Constantes

2 + 2
Fréquence cardiaque mesurée au même moment que la pression systolique. Un rythme irrégulier se compte sur une minute entière.
bpm
Pression artérielle systolique, au brassard ou invasive. Un brassard inadapté au bras fausse la mesure, donc l'indice.
mmHg
Facultatif · Mesure préhospitalière
Facultatif. Fréquence cardiaque relevée au premier contact préhospitalier. Avec la PAS correspondante, elle permet de calculer la variation de l'indice jusqu'à l'arrivée.
bpm
Facultatif. Pression systolique relevée au premier contact préhospitalier. Chez le traumatisé, une hausse de l'indice d'au moins 0,3 jusqu'à l'arrivée était associée à une surmortalité.
mmHg
Indice préhospitalier
—
Variation
—
SHOCK INDEX · LIVE
— EN ATTENTE DE DONNÉES —

Corriger les valeurs hors plage

Indice de choc
— (sans unité)
—
00,50,70,91,5
BasNormalLimiteÉlevé
Interprétation

—

AFFICHER LE CALCUL DÉTAILLÉ
—
AVERTISSEMENT CONTEXTUEL

—

Méthode · 01

Quand la pression tient encore, le rapport parle déjà

Au début d'une hémorragie ou d'un sepsis, la pression systolique est défendue par la tachycardie et la vasoconstriction : elle reste longtemps dans les normes. Prises une à une, la fréquence et la pression rassurent ; leur rapport, non. C'est tout l'intérêt de l'indice de choc décrit par Allgöwer et Burri en 1967 : dans l'étude de Rady (1994), un indice supérieur à 0,9 repérait, chez des patients aux constantes en apparence stables, ceux qui seraient pris en charge immédiatement, hospitalisés et admis en soins intensifs. Chez le traumatisé, Cannon (2009) a montré que sa hausse entre le préhospitalier et l'arrivée comptait autant que sa valeur.

SI = FC (bpm)
÷ PAS (mmHg)
Normal
0,5–0,7
Gravité
> 0,9
Hausse
≥ 0,3

Pourquoi utiliser ce score ?

Au triage, une pression systolique normale rassure à tort : au début d'une hémorragie ou d'un sepsis, la tachycardie la défend longtemps. Rapporter la fréquence cardiaque à la pression systolique fait apparaître ce que chaque constante masque isolément. Dans l'étude de Rady, un indice supérieur à 0,9 repérait, chez des adultes aux constantes en apparence stables, ceux qui seraient traités immédiatement, hospitalisés et admis en soins intensifs. Il ne demande aucun examen : deux chiffres déjà notés sur la feuille de triage.

Limites & Pièges cliniques 5
Un indice normal n'exclut pas un choc

Tout ce qui empêche la tachycardie — bêtabloquant, inhibiteur calcique bradycardisant, stimulateur cardiaque — abaisse mécaniquement l'indice. Chez ces patients, une valeur normale ne rassure pas.

Deux mesures ponctuelles

Douleur, anxiété ou fièvre accélèrent le cœur ; un brassard inadapté fausse la pression. Une valeur isolée se confirme par une nouvelle mesure.

La tendance compte autant que la valeur

Chez le traumatisé, une hausse de l'indice d'au moins 0,3 entre la prise en charge préhospitalière et l'arrivée s'accompagnait d'une mortalité de 27,6 % contre 5,8 % (Cannon 2009). Saisir la mesure préhospitalière quand elle est disponible.

Repères établis chez l'adulte

L'intervalle normal (0,5–0,7) et le seuil de 0,9 viennent de cohortes adultes d'urgence et de traumatologie. Ils ne se transposent pas à l'enfant, dont la fréquence cardiaque normale est plus élevée.

Un signal, pas un diagnostic

L'indice signale une gravité potentielle sans en dire la cause. Il complète le triage et l'examen clinique, il ne les remplace pas.

Référence

Rady MY, Smithline HA, Blake H, Nowak R, Rivers E. A comparison of the shock index and conventional vital signs to identify acute, critical illness in the emergency department. Ann Emerg Med. 1994;24(4):685-690

Étude de 275 adultes consécutifs aux urgences, dont le résumé publie la formule, l'intervalle normal de 0,5 à 0,7 et le seuil de 0,9. Les données de mortalité en traumatologie viennent de Cannon et al. (J Trauma 2009;67(6):1426-30, PMID 20009697 ; 2 445 patients d'un centre de niveau I). L'indice a été décrit par Allgöwer et Burri (Dtsch Med Wochenschr 1967;92(43):1947-50, PMID 5299769) ; cet article n'a pas de résumé indexé et aucun seuil n'en est repris ici.

Référence documentaire
Référence publiée RADY · 1994
Interprétation des résultats 4
Bas Sous l'intervalle normal < 0,5 Pas de signal de choc sur cet indice, mais une bradycardie ou une pression systolique élevée l'abaissent mécaniquement : l'interpréter avec le reste du tableau.
Normal Intervalle normal 0,5 – 0,7 Intervalle normal chez l'adulte (Rady 1994). Ne suffit pas à écarter une pathologie grave : il se lit avec l'examen clinique et son évolution.
Limite Au-dessus de la normale 0,7 – 0,9 Au-dessus de l'intervalle normal sans dépasser le seuil de 0,9 associé à la gravité. Répéter la mesure et surveiller la tendance.
Élevé Signal de gravité > 0,9 Repérait aux urgences des patients plus souvent traités immédiatement, hospitalisés et admis en soins intensifs, malgré des constantes en apparence stables (Rady 1994). Chez le traumatisé, mortalité de 15,9 % contre 6,3 % sous ce seuil (Cannon 2009).

Conduite à tenir

  1. 1 Indice > 0,9 : rechercher activement une hypovolémie, une hémorragie ou un sepsis, même si la pression systolique est encore normale.
  2. 2 Confirmer par une nouvelle mesure : la valeur repose sur deux constantes ponctuelles.
  3. 3 Chez le traumatisé, comparer à l'indice préhospitalier : une hausse d'au moins 0,3 est un signal d'alarme.
  4. 4 Intégrer l'indice au triage avec l'examen clinique et les autres scores de gravité ; un indice normal ne retarde jamais une prise en charge cliniquement justifiée.
  5. 5 Chez le patient sous bêtabloquant ou porteur d'un stimulateur cardiaque, ne pas se laisser rassurer par un indice normal.
Questions fréquentes 5
Comment calcule-t-on le shock index ?
En divisant la fréquence cardiaque (en battements par minute) par la pression artérielle systolique (en mmHg). Exemple : 110 bpm et 105 mmHg donnent 110 ÷ 105 = 1,05.
Quelle est la valeur normale du shock index ?
Entre 0,5 et 0,7 chez l'adulte, selon l'étude de référence de Rady (1994). Au-delà de 0,9, l'indice est considéré comme anormal.
Que signifie un shock index supérieur à 0,9 ?
Aux urgences, il repérait des patients plus souvent traités immédiatement, hospitalisés et admis en soins intensifs, alors que leurs constantes paraissaient stables. Chez le traumatisé, la mortalité était de 15,9 % au-dessus de 0,9 contre 6,3 % en dessous.
Pourquoi ne pas se fier à la seule pression artérielle ?
Parce qu'au début d'un choc hémorragique ou septique, la tachycardie maintient la pression systolique dans les normes. Le rapport des deux constantes révèle une gravité que chacune masque isolément.
Le shock index est-il fiable sous bêtabloquant ?
Non : un bêtabloquant empêche la tachycardie et abaisse l'indice. Une valeur normale ne permet pas d'écarter un état de choc chez ces patients.
Publié le
Mise à jour de la fiche
Validation Révision médicale non documentée
Source Rady MY, Smithline HA, Blake H, Nowak R, Rivers E
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