Nouveau — Des calculateurs sont ajoutés toutes les 48 h. Proposer un calculateur
Référence documentée Brûlés · Nutrition

Formule de Toronto — besoins énergétiques du brûlé

Dépense énergétique de repos du brûlé adulte · à recalculer chaque jour

Validation 1990

Toronto : 2 542 kcal pour 2 537 mesurées
2 × Harris-Benedict : 3 260 pour 2 765

Formule de Toronto : estimation de la dépense énergétique de repos du patient brûlé à partir de la surface brûlée, des apports de la veille, de la dépense de base, de la température et du nombre de jours post-brûlure.

Source · ALLARD · 1990 · PMID 2112617 ↗

Démarrage rapide · Cas exemples
Cliquez pour pré-remplir & explorer

Paramètres

5
Pourcentage de surface corporelle brûlée au 2e et 3e degré, estimé par la règle des 9 ou, mieux, par la table de Lund et Browder. Coefficient : +10,5 kcal par point de pourcentage.
%
Calories RÉELLEMENT reçues sur les 24 heures précédentes — entérales, parentérales et perfusions glucosées comprises. Ce n'est PAS la cible visée : y mettre l'objectif enferme le calcul dans une boucle où chaque estimation gonfle la suivante. Coefficient : +0,23.
kcal
Dépense énergétique de base estimée par l'équation de Harris et Benedict, sur le sexe, le poids, la taille et l'âge. La formule de Toronto la prend en entrée, elle ne la calcule pas. Coefficient : +0,84.
kcal
Température corporelle mesurée, en degrés Celsius. C'est le coefficient le plus lourd de la formule : +114 kcal par degré. Un demi-degré d'erreur déplace le résultat de près de 60 kcal.
°C
Nombre de jours écoulés depuis la brûlure. Seul coefficient négatif de la formule (−4,5 kcal/jour) : il traduit la décroissance lente de l'hypermétabolisme à mesure que les lésions se couvrent.
j
TORONTO · LIVE
— EN ATTENTE DE DONNÉES —

Corriger les valeurs hors plage

Dépense énergétique de repos
— kcal/24 h
—
10002000250030004000
ModérésÉlevésMajeursExtrêmes
Interprétation

—

AFFICHER LE CALCUL DÉTAILLÉ
—
AVERTISSEMENT CONTEXTUEL

—

Méthode · 01

Une formule qui se recalcule chaque jour

La variable la plus surprenante de la formule est celle des apports de la veille. Manger coûte de l'énergie : la thermogenèse alimentaire fait partie de la dépense mesurée, et l'ignorer conduit à sous-estimer les besoins d'un patient déjà nourri. En intégrant ce que le patient a réellement reçu, Toronto cesse d'être une prescription figée à l'admission pour devenir un réajustement quotidien. C'est aussi son piège : y saisir la cible visée au lieu du reçu enferme le calcul dans une boucle où chaque estimation gonfle la suivante.

MEE = −4343 + (10,5 × %SCB)
  + (0,23 × apports) + (0,84 × EBEE)
  + (114 × T°C) − (4,5 × jours)
Température
114/°C
Corrélation
r = 0,82
Sortie
au repos

Pourquoi utiliser ce score ?

Le brûlé grave est le patient le plus hypermétabolique de la réanimation, et la règle empirique longtemps enseignée — nourrir à deux fois la dépense de base — le suralimente franchement. C'est précisément ce que la publication de validation a montré : à 2 × Harris-Benedict, les patients recevaient 3 260 kcal/j pour une dépense mesurée de 2 765 kcal/j, soit 500 kcal d'excès quotidien. La formule de Toronto, elle, a donné 2 542 kcal/j pour une dépense mesurée de 2 537 kcal/j. Sa particularité tient à sa variable la plus inattendue : elle intègre les apports caloriques de la veille, ce qui en fait une formule d'ajustement quotidien et non une prescription figée à l'admission.

Limites & Pièges cliniques 5
Les apports sont ceux de la VEILLE, pas la cible

La variable « apports caloriques » désigne ce que le patient a réellement reçu sur les 24 heures précédentes. Y saisir l'objectif nutritionnel visé fausse le calcul et l'entraîne dans une boucle où chaque estimation gonfle la suivante. La formule se recalcule chaque jour avec les apports réellement administrés.

Formule d'adulte

Établie et validée chez l'adulte brûlé (surface moyenne 49 % dans l'étude de validation). Elle n'est pas transposable à l'enfant, dont les besoins énergétiques suivent d'autres équations.

Dépense de repos, pas besoins totaux

Le résultat est une dépense énergétique de REPOS. Les auteurs précisent qu'un facteur d'activité doit lui être ajouté pour couvrir la dépense sur 24 heures d'un patient mobilisé, notamment lors des soins et de la kinésithérapie.

Validée sur un effectif restreint

La validation prospective a porté sur 10 patients. La calorimétrie indirecte reste la méthode de référence quand elle est disponible ; la formule est une estimation destinée aux services qui en sont dépourvus.

La température est celle du patient

Le coefficient de la température est le plus lourd de la formule : 114 kcal par degré Celsius. Un demi-degré d'erreur déplace le résultat de près de 60 kcal. Saisir la température corporelle mesurée, en degrés Celsius.

Référence

Allard JP, Pichard C, Hoshino E, et al. Validation of a new formula for calculating the energy requirements of burn patients. JPEN J Parenter Enteral Nutr. 1990;14(2):115-118

Les cinq coefficients de la formule sont publiés dans le résumé de l'article princeps (r = 0,82 ; p < 0,001). L'étude de validation prospective a comparé la formule à la calorimétrie indirecte chez 10 patients de 49 % de surface brûlée moyenne. Les tranches de besoins affichées ici sont une aide à la lecture, non une classification publiée.

Référence documentaire
Référence publiée ALLARD · 1990
Interprétation des résultats 4
Modérés Besoins modérés < 2 000 kcal/24 h Besoins proches d'une dépense de repos ordinaire. Vérifier la cohérence des données saisies : chez un brûlé étendu, un résultat aussi bas doit faire relire la surface brûlée et la température.
Élevés Besoins élevés 2 000 – 2 499 kcal/24 h Hypermétabolisme installé. Support nutritionnel entéral précoce, apports protéiques renforcés, surveillance du bilan azoté.
Majeurs Besoins majeurs 2 500 – 2 999 kcal/24 h Hypermétabolisme majeur. Nutrition entérale continue, avis diététique spécialisé, réévaluation quotidienne de la formule avec les apports réellement administrés.
Extrêmes Besoins extrêmes ≥ 3 000 kcal/24 h Besoins extrêmes, typiques des brûlures très étendues. La calorimétrie indirecte devient souhaitable pour ajuster les apports. Surveiller la tolérance digestive et le risque de syndrome de renutrition.

Conduite à tenir

  1. 1 Recalculer la formule chaque jour avec les apports réellement administrés la veille, et non avec l'objectif visé.
  2. 2 Ajouter un facteur d'activité au résultat pour obtenir la dépense sur 24 heures d'un patient mobilisé.
  3. 3 Renforcer les apports protéiques indépendamment du calcul calorique : le brûlé est en catabolisme azoté majeur.
  4. 4 Surveiller l'efficacité de la renutrition par le bilan azoté plutôt que par le seul poids, faussé par les œdèmes de remplissage.
  5. 5 Privilégier la calorimétrie indirecte lorsqu'elle est disponible, en particulier au-delà de 3 000 kcal/24 h estimées.
  6. 6 Débuter la nutrition entérale précocement : la voie digestive est la règle chez le brûlé, sauf contre-indication.
Questions fréquentes 5
Quelle est la formule de Toronto ?
Dépense de repos (kcal/24 h) = −4 343 + (10,5 × % de surface brûlée) + (0,23 × apports caloriques de la veille) + (0,84 × dépense énergétique de base) + (114 × température en °C) − (4,5 × nombre de jours post-brûlure).
Pourquoi la formule tient-elle compte des apports de la veille ?
Parce que l'apport calorique lui-même augmente la dépense énergétique, par thermogenèse alimentaire. En intégrant ce que le patient a réellement reçu la veille, la formule se recalcule chaque jour et suit l'évolution du patient au lieu de figer une prescription à l'admission.
Pourquoi les besoins diminuent-ils avec les jours post-brûlure ?
Le coefficient des jours post-brûlure est négatif (−4,5 kcal par jour) : l'hypermétabolisme du brûlé est maximal dans la première semaine puis décroît lentement à mesure que les lésions se couvrent. La formule traduit cette décroissance.
Faut-il ajouter un facteur d'activité ?
Oui. Le résultat est une dépense de REPOS. Les auteurs indiquent explicitement qu'un facteur d'activité doit y être ajouté pour couvrir la dépense sur 24 heures d'un patient mobilisé pour les soins et la kinésithérapie.
Où trouver la dépense énergétique de base à saisir ?
C'est la dépense de base estimée par l'équation de Harris et Benedict, calculée sur le sexe, le poids, la taille et l'âge. Elle doit être obtenue indépendamment : la formule de Toronto la prend en entrée, elle ne la calcule pas.
Publié le
Mise à jour de la fiche
Validation Révision médicale non documentée
Source Allard JP, Pichard C, Hoshino E, et al
Contribuer

Vous êtes médecin ? Relisez ce calculateur.

Medicalcul est développé par un ingénieur, à partir des publications d'origine — jamais de mémoire. La formule de ce score, ses seuils et son interprétation sont sourcés, mais un regard clinique vaut mieux qu'une référence bien recopiée.

Si vous exercez en brûlés, relisez-le. Cela prend quelques minutes. Votre nom, votre titre et un lien vers votre profil apparaîtront sur cette page — et dans les données structurées lues par les moteurs de recherche.

—