Déficit en eau libre (hypernatrémie)
Volume d'eau manquant pour ramener la natrémie à sa cible · la vitesse de correction prime sur le volume
Déficit = ECT × (Na ÷ cible − 1)
Correction ≤ 10–12 mmol/L / 24 h
Déficit en eau libre dans l'hypernatrémie : volume d'eau à administrer pour ramener la natrémie à sa cible, à partir de l'eau corporelle totale estimée. La vitesse de correction prime sur le volume.
Source · ADROGUÉ & MADIAS · 2000 · PMID 10816188 ↗
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Conservation du sodium
Le contenu total en sodium ne change pas quand on ajoute de l'eau : eau corporelle totale × natrémie reste constant. Le déficit correspond donc au volume d'eau qu'il faut ajouter pour que ce produit se répartisse jusqu'à la natrémie cible. Le résultat est un volume, jamais un débit : c'est la vitesse de correction qui expose au risque neurologique, pas le volume total.
ECT × (Na mesurée ÷ Na cible − 1)
0,45 × poids
mmol/L/24 h
Pourquoi utiliser ce score ?
Devant une hypernatrémie, la question pratique n'est pas seulement « combien d'eau manque-t-il ? » mais « à quelle vitesse la rendre ? ». Le déficit en eau libre quantifie le volume manquant à partir de l'eau corporelle totale estimée et de l'écart entre la natrémie mesurée et la natrémie cible. Il donne l'ordre de grandeur de la réhydratation, que l'on répartit ensuite dans le temps sans dépasser la vitesse de correction admise. Le calcul ne dispense jamais de rechercher la cause (pertes digestives ou rénales, diabète insipide, apports hydriques insuffisants chez un patient qui n'a pas accès à l'eau).
Une correction trop rapide d'une hypernatrémie chronique (installée depuis plus de 48 h) expose à l'œdème cérébral et aux convulsions. La référence usuelle est de ne pas dépasser 10 à 12 mmol/L par 24 h, soit environ 0,5 mmol/L par heure. Le déficit calculé indique un volume, jamais un débit.
Le déficit ne couvre que l'eau déjà perdue. Il faut y ajouter les besoins de base et les pertes qui continuent (urinaires, digestives, cutanées, respiratoires, fièvre), sous peine de sous-corriger.
Les fractions utilisées (0,6 / 0,5 / 0,45 du poids) sont des moyennes de population. Elles sont prises en défaut en cas d'obésité, de dénutrition, d'œdèmes ou d'ascite — le déficit obtenu est alors approximatif.
Une hypernatrémie installée en moins de 48 h peut être corrigée plus rapidement, le cerveau n'ayant pas eu le temps de s'adapter. Passé ce délai, l'adaptation cérébrale impose la prudence. Dater le début est donc une étape du raisonnement.
Un patient peut être à la fois déshydraté intracellulaire (hypernatrémie) et en collapsus. En cas d'instabilité hémodynamique, la restauration de la volémie par un soluté isotonique passe avant la correction de la natrémie.
Adrogué HJ, Madias NE. Hypernatremia. N Engl J Med. 2000;342(20):1493-1499
Revue de référence sur la prise en charge de l'hypernatrémie. Le déficit en eau libre découle de la conservation du contenu en sodium : eau corporelle totale × natrémie reste constant. Les seuils de vitesse de correction cités relèvent de l'accord professionnel, non d'un essai randomisé.
Comment se calcule le déficit en eau libre ?
À quelle vitesse corriger une hypernatrémie ?
Faut-il ajouter les pertes en cours au déficit calculé ?
Quelle natrémie cible choisir ?
Le déficit en eau libre s'applique-t-il à l'hyponatrémie ?
Vous êtes médecin ? Relisez ce calculateur.
Medicalcul est développé par un ingénieur, à partir des publications d'origine — jamais de mémoire. La formule de ce score, ses seuils et son interprétation sont sourcés, mais un regard clinique vaut mieux qu'une référence bien recopiée.
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