Déficit en sodium (hyponatrémie)
Quantité de sodium manquante pour atteindre la natrémie cible · les symptômes et la vitesse priment sur le chiffre
Déficit = ECT × (cible − Na)
Correction ≤ 8–10 mmol/L / 24 h
Déficit en sodium dans l'hyponatrémie : quantité de sodium à apporter pour ramener la natrémie à sa cible, à partir de l'eau corporelle totale estimée. Le calcul donne une quantité ; c'est la vitesse de correction qui engage le pronostic neurologique.
Source · ADROGUÉ & MADIAS · 2000 · PMID 10824078 ↗
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Définition de la natrémie
La natrémie est un contenu rapporté à un volume : le sodium total vaut l'eau corporelle totale multipliée par la concentration. Pour passer d'une natrémie mesurée à une natrémie cible à eau corporelle constante, la quantité de sodium à apporter est donc l'eau corporelle totale multipliée par l'écart. Le résultat est une quantité, jamais un débit ni un volume de perfusion : c'est la vitesse de correction qui expose au risque neurologique, et l'eau d'un soluté dilue à son tour le sodium qu'il apporte.
ECT × (Na cible − Na mesurée)
0,45 × poids
mmol/L/24 h
Pourquoi utiliser ce score ?
Devant une hyponatrémie, le déficit en sodium quantifie ce qu'il manque pour atteindre une natrémie cible, à partir de l'eau corporelle totale estimée et de l'écart à combler. Il donne l'ordre de grandeur de l'apport sodé, que l'on répartit ensuite dans le temps sans dépasser la vitesse de correction admise. Deux réserves encadrent son usage : la sévérité biologique ne fixe pas l'urgence — ce sont les symptômes neurologiques qui la dictent — et le chiffre obtenu ne dispense jamais de déterminer le mécanisme (volémie, osmolarité urinaire, natriurèse) avant de traiter.
Une correction trop rapide d'une hyponatrémie chronique (installée depuis plus de 48 h) expose au syndrome de démyélinisation osmotique, dont la myélinolyse centro-pontine. La référence usuelle est de ne pas dépasser 8 à 10 mmol/L de hausse par 24 h, et de rester plus bas encore en cas de facteur de risque (dénutrition, alcoolisme, hypokaliémie, insuffisance hépatique). Le déficit calculé indique une quantité, jamais un débit.
Une hyponatrémie symptomatique sévère — convulsions, troubles de conscience — est une urgence qui se traite sans attendre le calcul, quelle que soit la natrémie affichée. À l'inverse, une hyponatrémie profonde installée de longue date et asymptomatique ne justifie pas une correction rapide.
Une hyperglycémie majeure abaisse la natrémie par transfert d'eau : c'est la natrémie corrigée qu'il faut interpréter. Une hyperprotidémie ou une hypertriglycéridémie franche peuvent produire une pseudo-hyponatrémie selon la technique de dosage. Dans les deux cas, le déficit calculé n'a pas de sens.
Diviser le déficit par la teneur en sodium d'un soluté — 154 mmol/L pour le NaCl à 0,9 %, 513 mmol/L pour le NaCl à 3 % — donne un volume théorique qui surestime la hausse obtenue : l'eau apportée par la perfusion dilue à son tour le sodium. La prédiction de la variation de natrémie par litre perfusé relève d'un autre calcul. Un soluté isotonique peut même aggraver une hyponatrémie de dilution.
La formule ne compte que le sodium manquant à l'instant du dosage. Les pertes qui se poursuivent s'y ajoutent, et une hyponatrémie de dilution (SIADH, insuffisance cardiaque, cirrhose) relève de la restriction hydrique plutôt que d'un apport sodé calculé.
Les fractions utilisées (0,60 / 0,50 / 0,45 du poids) sont des moyennes de population. Elles sont prises en défaut en cas d'obésité, de dénutrition, d'œdèmes ou d'ascite — le déficit obtenu est alors approximatif.
Choisir 135 mmol/L comme cible ne signifie pas l'atteindre en une journée. La cible fixe la quantité totale ; la vitesse admise fixe la durée. Pour la première journée, on retient souvent une cible intermédiaire, puis on recalcule sur la natrémie obtenue.
Adrogué HJ, Madias NE. Hyponatremia. N Engl J Med. 2000;342(21):1581-1589
Revue de référence sur la prise en charge de l'hyponatrémie. Le déficit en sodium découle de la définition de la natrémie : le contenu en sodium vaut l'eau corporelle totale multipliée par la concentration, la quantité à apporter est donc l'eau corporelle totale multipliée par l'écart à la cible. Les fractions d'eau corporelle et les seuils de vitesse de correction cités relèvent de l'accord professionnel, non d'un essai randomisé. La revue n'a pas de résumé indexé sur PubMed : la citation a été vérifiée sur la notice (N Engl J Med, 25 mai 2000, 342(21):1581-9).
Comment se calcule le déficit en sodium ?
À quelle vitesse corriger une hyponatrémie ?
Combien de sodium apporte un litre de sérum salé ?
Quelle natrémie cible choisir ?
Faut-il corriger une hyponatrémie asymptomatique profonde en urgence ?
Le déficit en sodium s'applique-t-il à l'hypernatrémie ?
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